Les contes anciens : Sont-ils bons pour nos enfants?

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C’est Halloween et vous cherchez une histoire bien gore à raconter ? Un petit tour chez Papy et Mamy pour leur piquer leurs vieux livres de contes et le tour est joué. Entre abandon d’enfants, cannibalisme, mensonges arrivistes et autres joyeusetés, les histoires de nos grands-parents sont dignes des meilleurs films d’horreur. Alors, faut-il avoir peur de les exposer à nos jeunes enfants ? 

 

Mon moment préféré de la journée, c’est celui du coucher. Cette fameuse histoire du soir. Trotro et Peppa Pig commençant tout doucement à me sortir par les trous de nez, je craque sur un recueil de contes anciens, compilés dans un joli livre à belle reliure. J’avais oublié que le Chaperon Rouge se faisait bouffer par le loup…

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Ce soir-là, je commence à lui lire Hansel et Gretel. Au plus l’histoire avance, au plus je me demande si je dois continuer. Entre le père qui abandonne ses gosses dans la forêt parce que sa femme lui demande et la sorcière cannibale qui, voulant faire rôtir le garçon, force Gretel à gaver son frère pour qu’il s’engraisse… On était bien loin du choix cornélien de Tchoupi à la cantine, tiraillé entre un paquet de chips ou un ravier de carottes râpées.

Finalement, on a terminé l’histoire. On l’a même relue. Mon Petit Citron de 3 ans a posé des milliers de « Pourkwàààà » pas toujours évidents mais, en sortant de sa chambre ce soir-là, j’avais la sensation qu’on avait appris quelque chose. Parce qu’on avait parlé du courage d’Hansel ou encore de la solidarité entre les frères et sœurs pour s’en sortir face à une méchante personne.

Intriguée, je me suis vite rendue compte que la grande majorité des contes classiques étaient foncièrement cruels. Et que, selon moi, c’est pas pour rien.

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Certains spécialistes analysent la cruauté dans les contes comme étant simplement le reflet d’une époque rude, traversée par la misère, la famine et les épidémies. D’autres estiment plutôt que ces histoires ont été inventées consciemment pour permettre aux enfants de se situer dans leur complexité, pour qu’ils apprennent que certaines vertus telles que la volonté, la solidarité, l’amour et le courage aident à se sortir de situations difficiles mais que, parfois, malgré tout, ça ne se finit pas bien.

Je me positionnerais plutôt entre les deux points de vue, car il est vrai que certains contes ont quand même de quoi faire pâlir les fans de thrillers. D’ailleurs, on ne connaît quasiment pas la véritable histoire des personnages préférés de nos petits lecteurs en herbe.

Je vous ai fait mon top 3 des personnages dont l’histoire originale a été roulée dans les paillettes par Mickey.

Raiponce

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Dans le conte original, pas de fleur magique qui fait rajeunir. Ici, la méchante sorcière veut, en fait, manger la jeune et jolie princesse et le prince qui vient pour la délivrer se crève les yeux en tombant de la tour où elle est enfermée. Bon, il reste aveugle mais après des années d’errance, il finit quand même par retrouver sa dulcinée.

La Petite Sirène

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Dans le conte d’Andersen, pas de crabe qui danse et de goéland collectionneur de fourchettes. Déjà, pour devenir humaine, Ariel se fait couper la langue. Et finalement, son beau prince préfère une autre jolie gonzesse à sa copine muette. Refusant de tuer son bien-aimé pour reprendre sa forme de sirène, elle se jette à la mer et se transforme en écume.

Pinocchio

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Le véritable personnage du roman de Collodi est un sale petit morveux insolent. Il pense pouvoir vivre de ses propres ailes mais, à l’inverse du conte initial, le gentil criquet se fait rapidement écrabouiller. Pinocchio part alors complètement en sucette, doit faire la manche pour pouvoir se nourrir et finit pendu.

Sympathiques à souhait !

 

En définitive, même s’il est évident qu’ils ne sont pas tous à mettre entre leurs petites mains, je pense que les contes de nos grands-parents vont plus loin que la simple opposition du bien et du mal. Ils permettent aussi à l’enfant de comprendre qu’il n’est pas infaillible, qu’il peut arriver qu’il se comporte mal, qu’il désobéisse, mais que ces actes auront forcément des conséquences. Et cela lui permettra sans doute aussi de mieux accepter qu’il peut se tromper, mais qu’il peut aussi s’en relever. Mais bon, une pré-lecture s’avère tout de même nécessaire si on veut éviter toute situation délicate. Je me contenterai donc de la version cheveux magiques et amoureux beau gosse de Raiponce pour le moment.

[Total : 5    Moyenne : 5/5]

Gwen vient de Charleroi en Belgique. Maman d'une mignonne frimousse de 3 ans, alias Petit Citron, Gwen est l'auteur du blog Happy-Mum.be. Elle y raconte avec humour le quotidien de la Happy House, avec des tests, des bricolages, des recettes, des coups de coeur, des coups de gueules et surtout, beaucoup de chocolat. Pour So Working Girls, elle partage avec nous sa passion pour son plat pays et ses jolies découvertes de jeune maman.

Discussion2 commentaires

  1. J’ai adoré te lire, bravo pour cet article très instructif. J’en ai appris des choses, en ce qui concerne la petite sirène j’avais vu un dessin animé (Simsala Grim) qui montre la vraie version, on voit Arielle plonger et se transformer en écume puis rejoindre le paradis en ayant la forme d’une âme.

  2. Oh merci c’est super gentil ça me touche beaucoup 🙂 Je vais cherché le dessin animé donc tu parles, ça m’intéresse. J’ai halluciné en découvrant la vraie histoire de Raiponce 😀 J’aimais bien la version avec le caméléon de compagnie et les cheveux longs 😀

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