Interview Amélia Varin : Le gouffre te précipite

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Amélia a gentiment accepté que je l’interviewe pour son livre. J’ai eu l’occasion de faire une chronique de sa nouvelle Le gouffre te précipite, j’ai donc voulu l’interviewer pour en savoir un peu plus sur son roman. Si vous n’avez pas encore lu la chronique de son roman c’est ici !

Avant de commencer voici une petite présentation d’Amélia Varin :

Je suis étudiante en économie. J’aimerais devenir prof d’SES dans un premier temps en France puis au Japon. J’aime, comme on peut s’en douter, la culture nippone et tout ce qui est geek. Je tiens d’ailleurs un blog sur ce sujet.

Moi : Alors qu’est ce qui t’as donné envie d’écrire ?

Amélia : J’écris depuis que je suis au collège. Depuis longtemps en fait. Mais quand j’ai commencé à subir ces brimades, j’ai mis en pause tous mes projets pour ne me concentrer que sur l’écriture d’un roman qui me permettrait d’extérioriser toute cette haine que j’avais envers eux, mes camarades… J’avais envie de montrer à travers mon histoire que le harcèlement n’est pas un phénomène isolé, que c’est quelque chose qui peut arriver à n’importe qui. Pour n’importe quoi surtout. C’est vraiment cette mésaventure qui m’a incitée à écrire ce petit roman. En quelques sortes, je pourrais même les remercier. Enfin, n’allons pas jusque-là.

Moi : Tu racontes donc ton histoire avec le harcèlement dans ton livre, ton personnage principal, Mina, te ressemble-t-il ?

Amélia : Au début, sans doute. Puis au fil des pages, je m’en suis détachée. Mina est une personne victime de harcèlement, une personne noyée dans la masse. Quelqu’un qui n’aurait jamais cru que ça lui arriverait. Mais c’est arrivé… Peut-être as-tu même déjà rencontré Mina au détour d’une rue, sans te douter de ce qu’elle endure. Mina est un symbole. Une souffrance. Une douleur. J’ai beaucoup souffert de ces brimades mais je me suis relevée. C’est sans doute en ça que Mina ne me ressemble pas. Mais, malheureusement tout le monde ne se relève pas…

le gouffre te precipite

Moi : Quand j’ai lu ta nouvelle j’ai eu l’impression que tu voulais nous faire passer un message. Est-ce le cas ?

Amélia : Ah oui ! Quand j’ai subi tout ça, je me suis dit “Mais ce n’est pas possible, qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour qu’ils me haïssent à ce point ?”. La réponse est simple : exister. Parce que beaucoup pensent que le harcèlement ne touche qu’une fraction de la population. Que ce ne sont que des enfants qui s’amusent. Que ce n’est pas grave. Et encore, je ne parle que du harcèlement scolaire. À travers mon roman, j’ai voulu montrer (et j’espère avoir réussi) que ce n’est pas juste un jeu. Que ça peut finir très mal. Que la dégringolade peut aller très vite. Certes, ce que je raconte dans mon roman n’arrive pas tous les jours. Certes, j’exagère peut être un peu. Mais peut-être que c’est nécessaire. Il faut montrer aux gens que le harcèlement c’est grave ! Que ça tue ! Et que ça ne s’arrêtera pas de tuer si on ne réagit pas !

Moi : C’est un très beau message je trouve. J’ai eu aussi l’impression que tout le monde était contre elle. Pas seulement les élèves mais également sa famille, pourquoi as-tu choisi de lui faire subir cela ?

Amélia : Je voyais ça comme un tout. Sa sœur qui l’abandonne au profit de ses “amis”. C’était le départ. Tout ça a engendré sa jalousie maladive envers sa sœur. Et sa rancœur envers sa mère. Ce dont il faut se rendre compte c’est que le point de vue est surtout celui de Mina. Tout ce qui est dit c’est selon elle. Sa mère la déteste mais qui le dit ? Elle toujours. C’est un sentiment exacerbé de solitude, de haine. Parce qu’ensuite, sa haine ne va pas seulement à ses harceleurs. Mais bien au reste du monde. Elle hait sa famille de ne rien faire. Elle hait sa sœur surtout, beaucoup, infiniment. Mais elle l’aime malgré tout. J’aime à penser que mes personnages évoluent. Quand j’écris, je ne sais pas comment ça va se finir. Quand j’ai commencé je ne savais pas que sa famille, en plus de ses camarades, serait contre Mina. Ça c’est fait. Au fil de la plume. C’est venu. Tout simplement.

« Parce que le harcèlement ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

 

Moi : Je vois, c’est intéressant, je ne l’avais pas vu de ce point de vue là ! Pourquoi as-tu choisi ce titre ?

Amélia : Deux mots : gouffre et précipice. Ce sont des synonymes en quelques sortes. Le Gouffre te précipite, j’ai voulu jouer sur les mots. Mais surtout appuyer sur le fait que le trou où elle pourra s’enterrer est bientôt prêt. Après tout, c’est ça non ? Pourquoi nous pousser à bout ? Nous dire que nous ne valons rien, que nous ne sommes que des déchets ? Pourquoi si ce n’est pour nous faire disparaître ? Le titre je le connaissais avant même d’écrire. C’était une évidence. Les victimes de harcèlement voient les choses comme ça : plus ça continue et plus on s’enfonce dans un gouffre. On voudrait juste avoir assez d’air pour respirer alors on se bat pour garder la tête à la surface, pour voir ce qui se passe à l’extérieur. Pour continuer d’avancer. Certains y arrivent. D’autres restent coincés dans ce gouffre en apnée pour un court moment ou tout simplement pour toujours.

Moi : C’est intéressant ta vision des choses, tu as l’intention d’écrire d’autres livres ?

Amélia : J’en ai 2 en cours. Des choses plus classiques si je peux dire. Du fantastique et un roman pour ados. J’adore écrire. J’aime penser que j’écris ce que j’aimerais lire. Alors, je ne me fais pas prier ! Et quand je me dis que d’autres personnes pourraient aimer ce que j’écris ça me motive d’autant plus.

Moi : Alors continue à écrire puisque tu aimes ça ! Aurais-tu un conseil pour une personne qui souhaite écrire un livre ?

Amélia : Je lui dirais juste de se lancer ! Il y a tellement de façon de se faire publier que c’est devenu facile aujourd’hui ! Reste plus qu’à envoyer vos manuscrits et croiser les doigts !

Moi : Et enfin as-tu quelque chose à ajouter ?

Amélia : J’aimerais dire à toutes les personnes victimes de harcèlement, qu’il ne faut pas baisser les bras. Il faut se battre ! Un message réducteur et plutôt cliché mais c’est ça. Parce que “survivre” à ça c’est difficile. Parce que tout ce que l’on veut c’est que ça s’arrête. On se répète sans cesse “Faites que ça s’arrête”. Même aujourd’hui, je hais toujours autant mes “camarades”. J’en croise encore de temps à autres. Mais le Supérieur fait bien les choses : il les sépare. Et seul, ça ne fait plus rien. Ça ne fait que te regarder sans un mot. Parce que le harcèlement ça n’arrive pas qu’aux autres !

Je remercie l’auteure pour cette interview, c’était un plaisir de l’interviewer et de lire son livre.

Vous pouvez retrouver son livre ici, et ici son blog.

 

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La musique et la lecture sont ses principales passions. Elle est une dévoreuse de livre, mettez lui un livre sous le nez et il disparaît tout de suite! Le rock fait également partie de sa vie, sa bouffé d'air frais ? Ce sont les concerts bien sur !

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