Bien commencer son allaitement – partie 1

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Durant toute la grossesse, le corps de la mère se prépare à l’allaitement, et à la naissance, le précieux colostrum est déjà disponible pour ce petit être fragile, afin de lui apporter toutes les immunités qui lui seront nécessaires. La Nature est bien faite.

Pourtant, ce n’est pas toujours évident de bien commencer son allaitement. Quand c’est le premier bébé, on se pose mille questions, on est plus ou moins stressée, et on entend mille-et-un conseils plus ou moins avisés… Tout le monde a son avis sur la question, et le donne à qui mieux mieux !

Pour ne pas mettre en péril son allaitement, il faut être bien informée, convaincue, motivée et courageuse ! C’est triste à dire car dans certains pays, c’est une évidence, c’est instinctif et ça se déroule sans souci.

Voici donc mes conseils de triple maman allaitante pour partir sur de bonnes bases et profiter à fond de ces moments uniques :

 

  • La pudeur et l’allaitement sont-ils compatibles ?

    Je suis pudique, je ne veux pas que l’on voit ma poitrine”

C’est un argument que j’entends régulièrement, et c’était une de mes inquiétudes également concernant l’allaitement. Pourtant je me suis rendue compte dès la maternité que les gens sont polis et détournent leur regard ou sortent de la pièce pour permettre la mise au sein en toute intimité. Par la suite, des vêtements existent pour allaiter en tout discrétion mais si on ne souhaite pas acheter ce genre d’habits -c’est mon cas- on peut facilement élaborer des stratégies vestimentaires qui ne laissent rien paraître : un débardeur bien échancré, les fringues que l’on aime par dessus et le tour est joué, il suffit de soulever le pull et de baisser le débardeur avec la tête de bébé devant, rien ne dépasse, ni vu ni connu ! Si en plus vous êtes une adepte des foulards, comme moi, ça peut servir à couvrir ce sein que l’on ne saurait voir…

  • La peur de ne pas réussir son allaitement

    Et si je n’avais pas assez de lait ?”

Comme je le disais, c’est normal de douter au début, surtout durant la première grossesse, et d’autant plus avec tout ce que l’on entend… Pourtant la seule chose à vous répéter, c’est que les mères sont faites pour ça. Il n’y a aucune raison de ne pas y arriver, sauf dans certains cas de maladies ou de raisons de santé particulières. Le meilleur conseil que je peux vous donner c’est de vous faire confiance, ainsi qu’à votre bébé. La seule manière d’avoir du lait, c’est de stimuler ! C’est pourquoi il faut mettre l’enfant au sein à la demande. Dès sa naissance, il faut prendre son petit en peau à peau et le laisser faire ! En effet, il va doucement ramper jusqu’au sein et une fois attrapé, il va déjà téter goulument, c’est inné. S’il n’y parvient pas durant la première heure, vous pouvez faire perler un peu de colostrum et le guider pour le motiver ! Les premiers jours, il est recommandé de le mettre au sein à l’éveil, de façon à ce qu’il soit détendu. La montée de lait a lieu au bout de trois jours, en moyenne, et en attendant ce moment, le bébé va perdre du poids, c’est normal, il a des réserves, accumulées dans le ventre de maman en prévision de ce “jeûne”. Pour ne pas vous inquiétez, il est préférable de ne pas le peser dans les premiers temps, évidemment, il ne faut pas une trop grosse chute de la courbe de poids mais le personnel de la maternité saura repérer un vrai problème s’il y en a. Vous entendrez peut-être des phrases du genre “Tu le mets encore au sein ??? Mais t’auras plus de lait !” C’est faux… Plus le bébé tète, plus il y a de lait. La production s’adapte au besoin de l’enfant. D’ailleurs, on le voit bien lors des pics de croissance : aux alentours de trois semaines, trois mois et six mois, les besoins s’intensifient, l’enfant pleure beaucoup et réclame le sein parfois toutes les heures. C’est dur, ça parait interminable et il ne faut surtout pas se laisser influencer par ceux qui vont vous dire (et il y en aura, il y en a toujours) “Il a faim ce p’tit, tu n’as pas assez de lait, tu devrais donner un biberon de complément.” C’est faux… Il faut tenir bon et laisser téter aussi souvent que demandé, la production va s’adapter et se réguler en fonction des nouveaux besoins. Si vous donnez un biberon, votre production va s’amenuiser et pour le coup ce sera vrai, vous aurez moins de lait !

  • La douleur et l’allaitement

    “J’ai peur d’avoir mal…”

Allaiter n’est pas douloureux. S’il y a douleur, il y a un problème et chaque problème a une solution. Il peut arriver qu’il y ait des crevasses et la plupart du temps, c’est dû à une mauvaise position. Lors de la tétée de bienvenue, on est dans un état indescriptible, un mélange de fatigue, d’émotion intense, de joie, de peur aussi un peu, peur de faire mal à ce si petit être avec nos si grosses mains ! Pourtant il faut bien veiller à la position de la bouche de bébé pour éviter d’avoir mal par la suite. Ses lèvres doivent être bien “ourlées”, c’est à dire qu’il ne faut pas qu’elles soient rentrées à l’intérieur car ça provoque des pincements très désagréables. On peut baisser un peu son petit menton pour bien mettre sa lèvre inférieure et retrousser à la main sa lèvre supérieure. Mais pour tout ça, faites-vous aider par la sage-femme sur le moment et sonnez la nuit, n’hésitez pas, appelez l’équipe pour vous guider, vous rassurer. Si le/la petit(e) coquin(e) ne parvient pas à ouvrir grand la bouche et prendre tout le mamelon, c’est peut-être qu’il y a un frein de langue. Ne tardez pas à demander à faire vérifier par le pédiatre pour qu’il le coupe au plus vite, c’est un véritable frein à l’allaitement (c’est le cas de le dire !!!). Enfin, si malheureusement vous avez une crevasse ou une ampoule -j’ai eu les deux- il existe une sorte de crème, à la lanoline purifiée, qui soulage et répare, très efficace. Personnellement j’ai eu la Medela Purelan fournie par la maternité en échantillons mais il en existe d’autres notamment chez Lansinoh. Autre option, les bouts de sein en silicone pour protéger le mamelon. J’en ai utilisé pour mon premier car je l’avais mal positionné au départ. Dans un premier temps, il a refusé de téter avec le bout de sein, mais après plusieurs essais, il a fini par accepté et cela m’a soulagé, en complément de la crème, ça se répare vite.

allaitement avec bout de sein
Tétée avec un bout de sein en silicone. On voit bien la lèvre supérieure bien “ourlée”. La lèvre inférieure doit être pareille, le mamelon doit être entièrement “gobé” !

L’allaitement, c’est magique, les moments partagés avec son enfant sont inoubliables, inscrits dans notre corps à vie ! (et je ne dis pas ça uniquement pour les vergetures !!!). Mais comme vous le voyez, ce n’est pas évident de s’en sortir dans le flot d’avis et de conseils des proches, c’est pourquoi j’écris pour les femmes qui tiennent sincèrement à allaiter ou celles qui hésitent encore. En aucun cas je ne veux culpabiliser les femmes qui n’ont pas fait ce choix. Il reste cependant encore quelques questions qui peuvent vous tarauder, notamment la gestion de la fatigue, les nuits des bébés allaités et la place du papa dans tout ça. Vous trouverez les réponses le mois prochain dans l’article “Bien commencer son allaitement – partie 2”

En attendant, si vous avez besoin d’un complément d’information, vous pouvez vous adresser à une consultante en lactation, en vrai ou sur internet (La Leche League a réponse à tout) ou trouver un groupe d’échange dans votre secteur. 

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Maman de trois marmots, elle aime échanger et partager autour de son expérience d'allaitement et de la pratique de la Diversification Menée par l'Enfant, deux sujets qui la passionnent ! Professeur documentaliste, elle est également dingue de littérature jeunesse et grâce à ce métier, elle peut passer beaucoup de temps avec ses enfants. Lecture, jeux de société, activités manuelles, elle est aussi devenue blogueuse pour partager ses coups de cœur...

Discussion5 commentaires

  1. Coucou, maman allaitante aussi, ma première 8 mois et demi détournée du seins toute seule… elle n’a jamais pu se passer de l’embout en silicone et c’est pas faute d’avoir essayer de le retirer… elle s’énervent, pleurait, mordait, avait chaud… finalement ont est passer au LA et ça a été super pour elle, beaucoup plus sereine même si elle a tout de même jamais accepter que je le lui donne…. elle a toujours bu seule…
    2 eme allaitement en cours, 4 mois, autant dire que la c’est un bonheur et totalement différent, pas d’embouts, rien que ça c’est magique!!
    Article super! Continue

    • 8 mois, c’est top, elle faisait déjà ses anticorps, avec de solides bases !!! Bravo d’avoir persisté avec les bouts en silicone, j’ai dû en mettre pour mon premier mais je n’aimais pas ça du tout ! Et profitez bien de ce second allaitement 😉

  2. Très bel article, je suis vraiment pro allaitement également et il n’y a pas mieux. Je ne condamne pas les personnes qui n’allaitent pas mais bon le mieux c’est ce qui est naturel, inné pour l’être humain. J’ai la même méthode que toi quand j’allaite pour le pull et le débardeur hihi et c’est vrai que même dehors personne ne regarde il y a un respect. Ensuite à l’hopital la leche league envoie pas mal de personne pour nous aider. Moi mon fils n’arrivait pas à téter le sein droit on a tout fait pour qu’il réussisse quit à ce qu’elles viennent 50 fois dans ma chambre ! Je voulais réussir et aujoud’hui ça fait bientôt 8 mois que ça dure exclusivement il n’a jamais pris de biberon ni de tétine.
    J’encourage toutes les mères a allaiter

    • Bravo ! C’est clair qu’avec un bon accompagnement on surmonte les difficultés. 8 mois de bonheur alors ?! cool, j’en suis là aussi avec Bébéchouquette !

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